L’examen CFA à l’heure de la révolution technologique

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Publié le 19 mars à 10:05, dansInformation - candidats

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Ce n’était qu’une question de temps avant que l’épreuve CFA n’intègre à son corpus de sujets à l’étude les plus récentes avancées en matière de technologies financières, parfois mieux connues sous le vocable anglais de fintechs. Rien de plus normal, dans la mesure où ces mêmes technologies, que l’on parle ici de l’intelligence artificielle, de la chaîne de blocs (blockchain) ou des cryptomonnaies, s’imposent peu à peu dans les entreprises et les organisations.

À quoi doivent s’attendre les candidats à la profession comptable à l’égard de ces nouvelles thématiques, qui seront intégrées aux niveaux I et II de la version 2019 de l’examen CFA? Rassurons tout d’abord ces derniers en mentionnant que leurs compétences technologiques ne seront pas au cœur de cet exercice. « Les candidats ne seront pas tenus de coder des programmes informatiques, mais plutôt de faire la distinction entre des méthodes d’analyse de données structurées et non structurées, et d’identifier les caractéristiques d’algorithmes de placement considérés robustes », affirme Stephen Horan, directeur de l’accréditation au CFA Institute. Voilà qui devrait rassurer ceux pour qui la maîtrise de ces réalités somme toute bien nouvelles n’est pas aussi assurée que souhaité.

« Ce n’est pas une passade! »

Il ne faut pas voir dans l’ajout de ces sujets un quelconque effet de mode, prévient Stephen Horan, dans une récente entrevue accordée à Bloomberg. « Nous voyons ce domaine [les technologies financières] se développer plus rapidement que tous les autres domaines, et nous le voyons perdurer dans l’avenir », précise l’expert. De fait, les cryptomonnaies, malgré les hauts et les bas constatés pour la plupart de ces valeurs virtuelles au cours de la dernière année, et la chaîne de blocs sont déjà dans le collimateur à la fois des grandes institutions financières et des diverses instances gouvernementales. Il y a donc fort à parier que ces technologies financières qui pointent seront demain du quotidien des membres de la profession comptable, si ce n’est déjà le cas. À ce titre, les notions relatives aux cryptomonnaies et à la blockchain seront, lors de l’épreuve 2019, conjointement abordées avec des sujets relatifs aux technologies émergentes, dont l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique (machine learning), les mégadonnées (big data) et les transactions automatisées. À moyen terme, le CFA Institute pourrait également ajouter à la liste déjà bien remplie de sujets potentiels pour son épreuve d’accession au titre le thème de la confluence entre les monnaies virtuelles et l’économie réelle.

Questions d’éthique

Si la technologie avance à grands pas, bouleversant de bien des manières des décennies de pratiques bien établies dans le monde des entreprises et des organisations, la législation et les mœurs, pour leur part, sont souvent à la traîne. Il devient donc relativement aisé pour certaines personnes mal informées ou mal intentionnées de mettre le pied dans la zone grise qui, à défaut de législations et de normes communes régissant l’utilisation des fintechs par les grands acteurs économiques, enrobe à ce jour ces percées technologiques. Qu’à cela ne tienne, le CFA Institute entend rapidement intégrer ces sujets nouveaux à ses formations sur l’éthique professionnelle, de manière à ce que ses membres et les aspirants à la profession soient à jour à ce chapitre essentiel.

En plaçant les fintechs au menu de son examen annuel, le CFA Institute s’assure, et assure ses membres du coup, que l’avenir soit compris et maîtrisé dès aujourd’hui!