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Bas prix du pétrole : quels impacts pour les actions canadiennes ?

Une entrevue avec Kelly Patrick, CFA. M. Patrick est associé principal, gestionnaire de portefeuille – actions mondiales, et analyste du secteur mondial de l’énergie, chez Jarislowsky, Fraser Limited. 

Vers la fin de 2014, les prix du pétrole ont chuté à leur plus bas en cinq ans et cette tendance se poursuit pour le moment. Ce changement significatif était-il difficile à prévoir?

Kelly Patrick : Dans une certaine mesure, oui, cela était difficile à prévoir. Nous avions été plutôt prudents devant la croissance significative de la production de pétrole aux États-Unis, dont nous anticipions l’impact sur les prix mondiaux. Ce qui a causé une surprise est la nouvelle position de l’OPEC qui a choisi de défendre  de manière plus stricte ses parts de marché dans le marché mondial du pétrole. La décision, lors de la rencontre de l’OPEC en novembre dernier, de ne pas réduire la production était davantage inattendue. Cela a conduit à la baisse significative que nous avons observée.

Avant cette décision, les gens s’attendaient à ce que les pays de l’OPEC, et avant tout l’Arabie Saoudite, réduisent leur production de manière à permettre une croissance régulière des autres sources de pétrole hors-OPEC, comme ils l’avaient fait auparavant. Finalement, la croissance de la production sur le sol américain était devenue tellement importante que le volume de production que l’OPEC auraient dû couper pour l’accommoder devenait probablement trop élevé.

Les actions du secteur de l’énergie sont les plus touchées. La plus grande part de leur baisse est-elle derrière nous?

KP : L’impact sur les titres énergétiques a évidemment était fort dans tous les marchés. Depuis l’été dernier, l’indice TSX Énergie a perdu plus de 30 % ; ce qui est une baisse sévère, mais qui demeure inférieure à la chute générale des prix du pétrole. De notre point de vue, les valorisations de ces actions reflètent un prix du pétrole à long terme supérieur au prix au comptant d’aujourd’hui (45 $US au 13 janvier). Si l’on considérait que ce prix était le prix viable à long terme du pétrole, ce que nous ne croyons pas, le cours des actions baisserait en fait encore d’un bon cran.

Actuellement, on observe clairement un surplus de pétrole dans le marché, qui va prendre un certain temps à se résorber. Cependant, le marché assume probablement correctement qu’à 45 $US, il n’y pas suffisamment d’incitatif pour faire les investissements nécessaires au remplacement de toutes les installations de production existantes. L’offre s’en retrouverait donc affectée.

Notre opinion est que certains titres du secteur Énergie ont été touchés trop fortement, en particulier en rapport à leur base d’actifs.  Nous croyons que certaines compagnies sont bien positionnées pour tirer avantage de ce contexte, grâce à de bons bilans comptables, des opérations à bas-coûts solides et de bonnes équipes de direction. Nous regardons du côté de Cenovus Energy, Canadian Natural Resources et Suncor, qui peuvent être très intéressantes pour les investisseurs à long terme.

Dans le marché des actions canadiennes en général, les bas prix du pétrole ont-ils des aspects positifs?

KP : Des prix de l’essence plus bas laissent davantage d’argent dans la poche des consommateurs, qui disposent ainsi d’un peu plus pour d’autres achats. Dans ce contexte, nous considérons des titres orientés vers le consommateur, comme par exemple Metro ou Loblaws. Ceci dit, les consommateurs canadiens étant relativement endettés, il est probable qu’ils choisissent plutôt de réduire leur dette, vu les faibles montants additionnels générés. 

On note par ailleurs un bénéfice dans le secteur du transport, puisque plus du deux-tiers du pétrole est utilisé dans le transport, tant commercial que pour les particuliers. Un autre effet secondaire est un dollar canadien plus bas, ce qui bénéficie au secteur manufacturier alors que nos exportations deviennent plus concurrentielles. Cependant, étant donné la composition de l’indice TSX et de l’économie canadienne, des prix du pétrole plus bas ont globalement un effet négatif sur le marché canadien des actions et sur l’économie dans son ensemble.

Est-ce que l’effet est similaire aux États-Unis?

KP : La situation est pas mal différente en fait. Aux États-Unis, de notre point de vue, les prix de l’énergie plus bas représentent un bénéfice net tant pour l’économie que pour le marché des actions. Les coûts de transports plus faibles dans l’économie et l’épargne additionnelle des consommateurs grâce au prix de l’essence se répercutent beaucoup plus directement aux États-Unis, accroissant les dépenses d’investissement et la consommation. Nos prévisions ont été relativement positives quant à la reprise américaine, et ce phénomène contribue à accélérer le rythme de la reprise. La principale différence étant que le canada est un exportateur net de produits pétroliers, alors que les États-Unis sont un importateur net. Il n’y a pas de contre-effet aux États-Unis comme il y en a au Canada ; le bénéfice net y est plus important.

Au cours des prochains mois, quels indicateurs ou décisions de politiques économiques observerez-vous de près?

KP : Nous suivrons attentivement la prochaine réunion de l’OPEC en juin. La question est de savoir si l’OPEC et les Saoudiens vont maintenir la politique de défense de leurs parts de marché, comme ils l’ont laissé entendre plus publiquement récemment.

La grande inconnue est l’impact d’autres pays comme le Venezuela et l’Iran, où il n’est probablement pas si facile que ça de tolérer des prix aussi bas d’un point de vue de la cohésion sociale. Quelle influence auront ces pays sur l’Arabie Saoudite à l’intérieur du cartel? Nous suivons de près l’impact social d’un bas prix du pétrole dans les pays qui dépendent fortement des revenus pétroliers pour équilibrer leur budget, ce qui inclut la Russie.

D’un autre point de vue, nous sommes également très intéressés de savoir quel sera le prochain pas de la Banque Centrale Européenne (BCE) dans sa lutte contre la déflation. Les marchés ont déjà anticipé que la BCE allait entreprendre un programme d’accommodement monétaire, et la déception serait significative si cela ne se produisait pas. Mais nous saurons prochainement quelle est l’ampleur de cet éventuel programme, et jusqu’à quel point la BCE souhaite s’attaquer à déflation par l’angle de la politique monétaire.

(Entrevue par Fabrice Tremblay, le 13 janvier 2015)

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