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ENTREVUE CARRIÈRE AVEC MARTIN LABRECQUE, CFA, directeur général, chef des ventes institutionnelles de titres à revenu fixe, Valeurs Mobilières Desjardins

Avec plus d’une vingtaine d’années d’expérience dans l’industrie de la finance de marché, le parcours de Martin Labrecque fait preuve de persévérance et de détermination, deux éléments qui lui ont toujours procuré du succès dans la réalisation de ses objectifs professionnels et sportifs.

Actuellement directeur général et chef des ventes institutionnelles de titres à revenu fixe chez Valeurs Mobilières Desjardins, Martin a d’abord acquis de l’expérience à Toronto, puis à New York, avant de revenir à Montréal. Martin a rapidement développé son intérêt pour la finance de marché, après un bref début de carrière en investissement, marché de détail à Toronto. C’est alors qu’il est parti à New York pour compléter une maîtrise en administration des affaires (MBA) de la Columbia Business School, avant d’être recruté par Goldman Sachs à Toronto. En quelques années, il a travaillé successivement à Montréal et à New York au niveau de la vente de titres de revenu fixe et d’actions canadiennes conseillant les investisseurs de la côte Est américaine. Il par la suite été recruté par JP Morgan à titre de responsable du département de titres à revenu fixe au Québec.

Finalement, en 2006, il a joint ses anciens collègues de Goldman Sachs chez Valeurs Mobilières Desjardins avec le mandat de développer le groupe de vente institutionnelle de titres à revenus fixes. Il est aujourd’hui responsable d’une équipe d’une dizaine de personnes et tient à demeurer près du marché et de ses clients.

À l’image de sa carrière professionnelle, Martin n’hésite pas à établir de grands objectifs sportifs. Son dernier exploit le confirme avec sa participation aux six plus grands marathons du monde réalisés au cours des deux dernières années (Londres, Boston, Chicago, New York, Berlin et Tokyo).

Quand avez-vous commencé votre carrière et quel a été votre premier emploi? Est-ce que vous visiez ce poste?

Ma carrière a commencé en 1991 dans un programme de leadership à la Banque TD. Ce programme visait à « faire tous les postes » à l’intérieur d’une succursale afin de devenir gérant. J’ai rapidement réalisé que la finance de marché au niveau institutionnel m’intéressait davantage que le marché du détail. À cette époque, les transferts de postes à l’intérieure des banques semblaient moins communs qu’elles le sont aujourd’hui. Même avec beaucoup de succès à la Banque TD, cette transition ne semblait pas être possible. Afin de réaliser mon objectif, j’ai décidé de retourner aux études pour faire un MBA en finance à l’Université Columbia à New York.

Avez-vous respecté votre plan de carrière ? Combien de fois avez-vous changées d’employeur ou de poste au sein du même employeur jusqu’à présent? Qu’est-ce qu’était la raison principale pour le changement?

Mon objectif à long terme était de travailler dans le marché des capitaux à Montréal. Un de mes principes fondamentaux est de faire ce qui nous passionne. Le processus d’obtenir le titre de CFA m’a fait connaitre mes forces et mes aptitudes dans le monde de la finance. De plus, l’étendue de la matière m’a aidé à découvrir les sujets qui me passionnaient le plus. Mon expérience dans la vente d’actions m’a permis de réaliser que mon intérêt était davantage pour le marché obligataire. La perspective macroéconomique des titres à revenu fixe par opposition à la perspective plus micro des actions m’a amené à retourner dans ce milieu. Le fait de pouvoir participer à une discussion étoffée au sujet des facteurs macroéconomiques et faire valoir mes propres opinions me passionne, alors que je devais souvent faire appel aux analystes spécialisés pour discuter plus spécifiquement de compagnies publiques dans le marché des actions.

Décrivez-nous le poste que vous occupez actuellement. Avez-vous rencontré certains obstacles significatifs lors de votre cheminement de carrière? Qu’aimez-vous le plus de votre emploi?

Je suis actuellement responsable d’une équipe de représentants des ventes de titres à revenu fixe, en plus de participer directement à la vente d’obligations aux clients institutionnels. Pour moi, je considère les obstacles comme des défis à réaliser. Notre marché est hautement compétitif et mon plus grand défi est d’assurer la croissance de nos activités par l’offre d’un service hors pair. Ceci demande l’établissement constant de nouveaux objectifs et de les atteindre par la mise en place d’un plan d’action et d’une date cible, à l’image de la préparation à un marathon!

Selon vous, quelles sont les compétences à posséder pour connaitre du succès dans votre domaine ? Quel rôle le CFA a-t-il joué au niveau de votre cheminement de carrière?

Premièrement, pour travailler dans le domaine de la finance de marché dans les titres à revenu fixe, il faut aimer les chiffres. Pour avoir du succès dans notre domaine, il est important d’être déterminé et mobilisé à atteindre ses objectifs et ceux de l’organisation. C’est aussi important de miser sur ce qui nous motive au travail et d’aimer relever des défis. La préparation aux examens CFA est un bon processus pour confirmer si la finance nous passionne. La conquête du titre m’a permis de reconnaitre mes champs d’intérêt et a permis d’élargir mes horizons et de changer ma façon de résoudre des problèmes. Pour moi, l’obtention du titre de CFA démontre l’engagement de la personne à mettre les efforts nécessaires à la réalisation d’un objectif. Je dois aussi souligner le support de ma petite famille qui m’a toujours suivi dans la réalisation de mes défis, tant professionnels que sportifs. Un bon réseau de contacts ainsi que le support familial m’ont été essentiels à la réalisation de mes ambitions.

Comment percevez-vous les perspectives de carrière dans votre domaine? Quel conseil donneriez-vous à une personne qui amorce une carrière dans ce domaine?

Aujourd’hui, à Montréal, je crois que l’offre d’emploi est mieux qu’il y a quelques années. Je crois qu’il va avoir plus d’opportunités, car les structures des équipes deviennent moins hiérarchiques et davantage organisées de manière horizontale. Depuis 20 ans, il y a eu beaucoup de progrès au niveau de la mobilisation des employés à l’intérieur d’une même société. Je crois que cette tendance va continuer de plus en plus. La consolidation du secteur des gestionnaires de fonds à pour effet de réduire le nombre de joueurs dans ce secteur. Par contre je crois qu’il y aurait plus de possibilités de poste à l’intérieur de ses grands joueurs pour les détenteurs du titre CFA qu’auparavant.

À la fin de mes études aux États-Unis, j’ai été marqué par le fait que les étudiants étaient encouragés à entrer en contact avec les anciens finissants afin de mieux comprendre les postes offerts dans les différents secteurs de la finance. J’étais agréablement surpris de cette façon d’encourager la relève à vendre leurs idées et leurs talents. Cette pratique serait un atout pour les finissants en finance des universités québécoises. Le meilleur conseil que je puisse donner aux membres de CFA Montréal est de se fixer des objectifs concrets et réalisables en fonction de ce qui nous passionne. De cette façon, il sera plus facile de mettre les efforts nécessaires à la réalisation de nos objectifs de carrière.

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