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Panel d’Experts sur les fonds de couverture
  • Marc Amirault, MBA, président et chef de la direction, directeur des investissements, Gestion Cristallin
  • Jean-François Papillon, MBA, CFA, conseiller en gestion de patrimoine et gestionnaire de portefeuille, BMO Nesbitt Burns
  • Yves Caron, MBA, CFA, vice-président recherche, iNFiNi-t inc. Wealth Management

Pourriez-vous commencer par vous présenter et nous expliquer brièvement votre expérience de l’industrie des fonds de couverture ?

Marc Amirault : Titulaire d’un baccalauréat et d’une maitrise en finance, je me suis joint à la Caisse de dépôt et placement du Québec en 1984, où j’ai gravi les échelons pour finalement créer et gérer pendant trois ans le premier portefeuille neutre au sein des marchés boursiers canadiens. En 1998, en compagnie de Jean-Pierre Langevin, j’ai fondé Gestion Cristallin et son Fonds d’Arbitrage Améthyste qui s’appuie aujourd’hui sur un historique de plus de 17 ans.

 

Jean-François Papillon : Je suis conseiller et gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Roux Papillon Blais chez BMO Nesbitt Burns depuis 15 ans. J’ai une formation au préalable d’ingénieur civil avec MBA de McGill. Je suis détenteur du titre CFA® depuis 2005. J’utilise les fonds de couvertures depuis environ 8 ans. La raison est bien simple; outil de diversification et faible corrélation avec les autres catégories de placements au sein de mon portefeuille. Je voulais donc réduire la volatilité résultante de mon portefeuille sans compromettre le rendement. Les niveaux d’intérêts et les profils de rendement versus les risques des obligations représentent aussi un facteur aidant à promouvoir l’utilisation des fonds de couverture. Certains fonds de couverture peuvent offrir une source de revenus au portefeuille en utilisant des produits dérivés sans augmenter la volatilité.   

 

Yves Caron : Vice-président chez Conseil en gestion de patrimoine iNFiNi-t inc., une firme dédiée à promulguer des conseils indépendants à des clients privés fortunés et des fondations, mes fonctions incluent la sélection de gestionnaires et la gestion de portefeuilles. Détenteur d’un bac en sciences de la santé et d’une expertise en technologies de l’information, la finance m’a séduit lors d’un MBA. Suite au MBA, le conseil en gestion et la recherche institutionnelle m’ont conduit vers un poste de sélection de fonds de couverture et de gestion de portefeuilles alternatifs.

 

De quelle façon l’industrie a-t-elle changé au cours des 10 dernières années ?

M.A. : Le niveau de raffinement et de connaissances générales sur les stratégies alternatives a augmenté chez les investisseurs, tant institutionnels que privés. Ainsi, la plus-value dans un cadre de portefeuille est mieux comprise. En parallèle, l'encadrement réglementaire de l’industrie a décuplé, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi malgré les coûts importants qui en découlent, puisque cela ajoute une profondeur et une forme de légitimité à l’ensemble de l’industrie. 

J-F.P. : Je vois une lente progression ou pénétration des fonds de couvertures auprès des conseillers. Je dirais que la catégorie demeure incomprise par la plupart d’entre eux. Les fonds plus agressifs utilisant des mandats très concentrés dans quelques secteurs avec une mauvaise gestion de risque sont moins présents qu’auparavant. Les fonds de couverture offrant peu de volatilité et une bonne préservation du capital ont mieux progressé en popularité au cours des dernières années. 

Y.C. : L’industrie a atteint sa maturité. Elle est plus institutionnelle et plus spécialisée. La répartition des investisseurs a évolué vers les fonds de pension et autres allocateurs institutionnels direct au détriment des fonds de fonds, la réglementation a augmenté et les mandats sont devenus plus spécialisés. En parallèle, les fonds de couverture ont évolué : transparence accrue, gestion du risque plus présente et conformité plus importante.

Recentrons-nous sur notre marché local. Quel est selon vous l’état de l’industrie montréalaise des fonds de couverture ? (Vous pouvez répondre par rapport à vos rôles respectifs - allocation, gestion, distribution)

M.A. : L’industrie se porte bien, après une période difficile post-crise 2008 : nouveaux entrants qui commencent à s’établir, nouvelle initiative de Finance Montréal et du CGE, etc. Tout pour encourager l’émergence et le développement de talents de gestionnaires alternatifs sur des bases plus solides.  De notre côté, nous avons gagné des mandats en 2015 et nous avons lancé un nouveau fonds de type « global-macro » en début d’année.

J-F.P. : Il existe à Montréal quelques bonnes firmes de gestion de très bonne réputation et avec un très long historique de rendement. Ces firmes demeurent très peu connues des conseillers de plein exercice. Je remarque cependant que les firmes de gestion de fonds de couvertures sollicitent de plus en plus les conseillers en placement établis dans l’industrie. Ce type de placement n’est plus réservé aux gestions de familles (family office) et au niveau institutionnel.

Y.C. : L’industrie est composée de gestionnaires de classe mondiale, mais elle peine à lever suffisamment d’actifs pour atteindre son plein potentiel.

Quels sont selon vous la plus grande opportunité et le plus grand défi de cette industrie à Montréal ?

M.A. : Offrir une place aux talents d’ici qui regorgent d’expertise en mathématiques financières et de diplômes de second degré. Le défi : Obtenir des mandats des fonds de pension et institutions québécoises.

J-F.P. : L’opportunité est d’augmenter le niveau de connaissance de l’industrie des conseillers et des firmes de courtage. Plusieurs mandats de fonds de couverture offrent une réduction du risque et une excellente façon de mieux préserver le capital. Les firmes de courtage continuent à percevoir tous les fonds de couvertures comme étant de risque élevé.

Y.C. : L’industrie montréalaise court après sa queue. Elle fait face au dilemme sous jacent au fait que sans un niveau de capital suffisant, il est difficile d’atteindre une masse critique. Dans cette veine, le fonds alternatif du Programme de gestionnaires émergents du Québec (PGEQ) est une excellente initiative. La pérennité de l’industrie nécessite le lancement d’une 2e génération de fonds par des jeunes formés auprès de la 1re génération. Dans un premier temps, les fonds existants doivent croitre et former plus de personnes. Dans un deuxième temps, les jeunes ainsi formés doivent relever le défi de lancer des fonds de couverture soit au sein de firmes traditionnelles ou en tant que firmes indépendantes. Le défi de taille pour un jeune fonds est qu’il doit être lancé avec un avantage concurrentiel clair et une taille critique pour intéresser les allocateurs qui misent sur l’alpha de jeunes fonds.

D’un point de vue carrière, quels conseils donneriez-vous à un candidat ou un jeune membre qui a comme objectif de joindre ou de démarrer un fonds de couverture ?

M.A. : Approfondir un sujet pointu lié à la gestion alternative (stratégie, méthode, pièges, etc.) et développer d’excellentes aptitudes en programmation, notamment en Python.

J-F.P. : Avoir un bon capital pour commencer et un bon historique de rendement avec processus proposé.

Y.C. : Avant de contempler le démarrage d’un fonds de couverture, il faudrait envisager d’évoluer au sein d’un fonds de couverture établi afin de pouvoir consolider les meilleures pratiques. Comme tout projet entrepreneurial, un succès instantané nécessite vingt ans de travail acharné.

Sur une échelle de 1 à 10 comment évaluez-vous l’environnement d’investissement mondial pour les stratégies de fonds de couverture ?

M.A. : Environnement probablement à 6-7 actuellement, résultat de la relative sous-performance globale des fonds de couverture face aux indices d’actifs traditionnels enflammés par des politiques monétaires ultra-accommodantes depuis 7 ans. Probablement 8-9 dans un futur très rapproché, puisque les conditions de liquidités infinies sont en voie d’extinction, ce qui sous-entend un travail un peu plus ardu du côté des investisseurs. 

J-F.P. : 4/10 au Canada nous sommes très limités en choix de firmes établies

Y.C. : 7 sur 10. Potentiel intéressant étant donné les perspectives mitigées sur les prochaines années d’un portefeuille traditionnel 60:40, mais de nombreux défis.

Selon vous, quel est le rôle des fonds de couverture dans un portefeuille autre que la simple diversification ?

M.A. : Les stratégies alternatives peuvent être considérées sous 2 angles : Abaisseur de volatilité (à rendement égal) ou générateur de rendement excédentaire (à volatilité comparable).  Donc oui, selon la nature des stratégies employées, les fonds de couverture peuvent jouer un rôle autre que simple élément de diversification. Dans un cadre de fonds de pension, n’oublions pas que peu importe l’angle considéré des stratégies alternatives, il s’agit au final d’augmenter la probabilité de la caisse de rencontrer ses exigences actuarielles au fil du temps.

J-F.P. : Peut aussi être utilisé comme source de revenus. Avec les taux d’intérêt très bas, les obligations ne seront pas suffisantes pour combler les besoins en décaissement des personnes retraitées. Il est très important d’avoir un bon processus de gestion des risques pour amoindrir la volatilité d’un portefeuille en mode décaissement. Le mouvement des taux d’intérêt deviendra de plus en plus une source de volatilité pour les obligations. Il est donc important d’avoir des outils pour réduire cette sensibilité aux mouvements des taux d’intérêt sans compromettre le revenu de portefeuille.  Les fonds de couvertures peuvent isoler certains risques avec des produits dérivés sans toucher la composante « revenus » des obligations.

Y.C. : L’amélioration du rendement ou du risque en les substituant soit pour des obligations ou pour des actions. Cette amélioration provient de la convexité et de la corrélation des fonds de couverture.

Nous ne pourrions pas discuter de fonds de couverture sans discuter de leurs frais, nous gardons la question ouverte et générale et nous vous laissons donner vos points de vue sur le sujet de la façon dont vous le désirez.

M.A. : La question des frais a toujours suscité des discussions… et pourtant je crois qu’elle devrait être considérée strictement sous un angle économique coût/bénéfice. Autrement dit, qualité des résultats (i.e. rendement/risque) vs « offre » disponible (i.e. capacité) vs coût (i.e. tout frais confondus) à payer pour s’approprier le service spécialisé en question. Il faut comprendre qu’en principe, les stratégies alternatives sont conçues et gérées par des talents pointus, hors-normes. Les résultats à moyen et à long terme sont-ils au rendez-vous ? C’est là toute la question. Personne n’est gagnant à payer un prix démesuré pour un bien/service « moyen ». Êtes-vous prêt à payer davantage pour un bien/service qui en vaut plus et qui, par définition, vous apportera une utilité marginale élevée dans le temps ?  La réponse est positive, du moins chez moi.

J-F.P. : Les frais sont encore élevés en général pour les fonds de couverture. Je trouve que le hurdle rate utilisé pour calculer le frais de performance est trop bas dans la plupart des cas. Souvent je vois un rendement de +0% justifie le calcul du frais de performance alors que je crois que le hurdle rate devrait mieux refléter le risque auquel l’investisseur s’expose (calculé en fonction de la volatilité et du potentiel de croissance).

Y.C. : L’industrie ne peut plus se permettre « heads I win, tails you lose ». Tout investisseur veut réduire le risque en maintenant le même rendement ou à l’inverse générer un rendement plus élevé à risque constant. Quoique l’atteinte d’un meilleur couple rendement/risque justifie des frais plus élevés, il est difficile pour la majorité des fonds de couverture de justifier les frais historiques de 2% et 20% des profits. Un meilleur alignement des intérêts passe par un taux de rendement minimum (bons du Trésor + x%) avant que le gestionnaire puisse toucher des frais de performance. Idéalement, les frais de performance seraient perçus sur un horizon à moyen terme (plusieurs années) ce qui éviterait la situation ou le client paie des frais de performance sur une année pour ensuite se retrouver au-dessous de son capital initial le trimestre ou l’année suivante.

Pensez-vous voir une accélération de l’accessibilité de ces produits pour les investisseurs particuliers ? Si oui, comment l’industrie devrait-elle s’y prendre pour expliquer la complexité de certaines stratégies sans effrayer les investisseurs ?

M.A. : L’arrivée des Liquid Alternatives dans le portrait réglementaire canadien prévue vers 2017 changera considérablement la donne.  Nul doute que cette réglementation, qui est toujours en préparation et qui prévoit permettre l’accès aux particuliers non accrédités à des stratégies alternatives d’investissement dans une enveloppe juridique comparable aux fonds mutuels, contribuera définitivement à faire connaitre davantage cet univers et ses bénéfices moins connus auprès de M. et Mme. Tout-le-Monde. En éduquant et en augmentant l’information disponible, plusieurs préjugés tomberont et, au final, tous les investisseurs en sortiront gagnants.

J-F.P. : Oui je vois de plus en plus de firmes offrant des produits alternatifs aux conseillers en placement. Je ne vois pas de firmes sollicitant directement le public en général. Je crois que la première étape est d’éduquer encore plus les conseillers en placement et les firmes offrant ce type de produits aux particuliers. Il existe encore beaucoup d’ignorance au niveau de la conformité et au niveau du département chargé d’évaluer le risque des placements. Il serait bon de trouver un système qui permettrait de bien différencier les différents types de mandats alternatifs de façon à simplifier la sélection et mieux cerner l’écart de niveau de risque d’un mandat à l’autre. 

Y.C. : Oui en prenant l’exemple des États-Unis. C’est un vecteur de croissance pour les gestionnaires de fonds. La simplicité devrait primer : quel est l’avantage du produit versus pune obligation ou une action ? Comment permettra-t-il d’augmenter la probabilité d’atteindre les objectifs d’un portefeuille ? Et surtout, comment maximiser les chances d’atteindre les objectifs en dépit de frais plus élevés ?

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